Sable et nappes
Puits artésien et nappe captive, ce qu'il faut savoir

Un puits artésien est un forage qui touche une nappe captive, une eau enfermée sous pression entre deux couches imperméables. L'eau remonte alors seule dans le tube. En Gironde, ces nappes profondes sont protégées, et un jardin s'arrose avec la nappe proche de la surface.
Nappe libre et nappe captive
Sous un jardin des Landes ou du Médoc, la première eau rencontrée est une nappe libre. Elle imbibe le sable, sa surface respire avec le sol, et elle monte en hiver puis descend en été.
Une nappe captive est différente. Elle se trouve plus bas, coincée entre une couche d'argile ou de marne au-dessus et une autre en dessous. L'eau y est sous pression, un peu comme dans un tuyau fermé.
Cette eau s'est infiltrée loin de là, souvent là où la couche affleure, puis a glissé sous le toit étanche. Elle met longtemps à se renouveler, ce qui explique le soin porté à sa gestion.
Puits artésien, pourquoi l'eau monte seule
Quand un forage perce le toit étanche d'une nappe captive, la pression pousse l'eau vers le haut du tube. Elle s'arrête au niveau correspondant à cette pression, parfois sous le sol, parfois au-dessus.

Si l'eau dépasse le sol, le forage est dit jaillissant. On parle de puits artésien, du nom de l'Artois où ces forages ont été décrits. Le phénomène impressionne, mais il demande un ouvrage très soigné.
Un forage artésien mal fermé laisse s'écouler l'eau sans fin et peut mélanger deux nappes. Sa tête doit donc tenir la pression, et le tube doit rester étanche sur toute la traversée des couches.
Forage artésien en Gironde, les nappes profondes
Sous la Gironde, plusieurs nappes profondes sont captives. Le SAGE Nappes profondes de Gironde, approuvé par arrêté préfectoral du 25 novembre 2003, organise leur gestion, car certaines sont surexploitées, en particulier celle de l'Éocène.
Ces nappes profondes constituent la première ressource en eau potable du département. Leur protection passe par une gestion collective des volumes prélevés et par des ouvrages étanches qui ne laissent pas l'eau de surface descendre.
Les forages qui y descendent sont donc rares chez les particuliers, et ils relèvent de règles plus lourdes qu'un puits de jardin. Ils demandent aussi un chantier plus long et plus coûteux.
En traversant plusieurs étages, un tube mal isolé ferait passer l'eau de surface, plus vulnérable, vers la réserve profonde, mieux à l'abri. C'est le risque principal d'un ouvrage mal fermé, et la raison pour laquelle chaque traversée doit rester étanche.
Pourquoi un jardin vise la nappe superficielle
Pour arroser un potager ou une pelouse, la nappe libre des sables suffit le plus souvent. Elle est plus proche, plus facile à atteindre, et son usage pèse moins sur la ressource du département.
Elle a ses défauts, comme le battement saisonnier et le fer qu'elle porte souvent, mais un forage bien placé sous le niveau d'été s'en accommode. C'est ce que nous visons chez un particulier, comme décrit sur notre page forage de puits pour particulier.
Les démarches restent les mêmes
Quelle que soit la nappe, un ouvrage domestique se déclare en mairie avant les travaux, et au titre du code minier par DUPLOS au-delà de 10 m. Chaque case du formulaire est commentée dans notre guide de la déclaration.
Le cas du département, de ses sables et de ses nappes est résumé sur notre page forage en Gironde. Nous y expliquons aussi comment nous lisons les forages voisins avant de choisir la profondeur.