Qualité de l'eau
Fer et manganèse dans l'eau de puits, d'où vient l'eau rouge

L'eau rouge d'un forage vient presque toujours du fer dissous dans la nappe, qui rouille au contact de l'air. Dans les Landes et en Gironde, les nappes peu profondes en portent souvent, avec du manganèse. Une analyse dit combien, et le traitement se choisit ensuite.
Fer dans l'eau de forage, ce que dit le sous-sol
Le BRGM a étudié la qualité des nappes d'Aquitaine. Il relève des teneurs en fer et en manganèse plus élevées dans les aquifères superficiels, ceux qui sont proches de la surface, que dans les sables plus profonds dits Sables fauves.
La même étude note un pH plus faible, donc une eau plus acide, dans plusieurs nappes du secteur, dont celle du Sable des Landes. Une eau acide dissout plus facilement le fer du terrain qu'elle traverse.
Le sable landais lui-même en garde la trace. L'alios, ce banc de sable brun et dur, est un sable cimenté par des hydroxydes de fer, d'aluminium et de manganèse, avec de la matière organique, selon le BRGM. Le fer est donc partout dans ce sous-sol.
Eau rouge de forage, comment la reconnaître
À la sortie du tube, l'eau peut paraître parfaitement claire. Le fer y est dissous, invisible. Il suffit de quelques minutes à l'air libre pour qu'il s'oxyde et que l'eau prenne une teinte jaune, puis orangée.

Les signes suivent vite. Le dallage et les murets arrosés se tachent de rouille, l'émail des sanitaires jaunit, le linge clair se ternit. Un goût métallique et une légère odeur peuvent aussi apparaître.
Le fer favorise aussi des bactéries qui s'en nourrissent. Elles forment des dépôts gluants, rouges ou bruns, au fond des cuves, dans les goutteurs et parfois dans la crépine du forage.
Manganèse dans l'eau de puits, la trace noire
Le manganèse se comporte comme le fer, mais il s'oxyde plus lentement et laisse des traces brunes à noires. On le repère souvent sur les joints, au fond des chasses d'eau ou sur le linge.
L'arrêté du 11 janvier 2007 sur l'eau de consommation fixe des références de qualité de 0,2 mg/L pour le fer et de 0,05 mg/L pour le manganèse. Au-dessus, l'eau reste souvent utilisable au jardin, mais elle tache et elle encrasse.
Analyse, ce qu'il faut mesurer
Une analyse sérieuse mesure le fer, le manganèse et le pH, ainsi que la conductivité et la turbidité. Ces valeurs, ensemble, disent si l'eau est seulement colorée ou si elle demande un traitement plus complet.
Si l'eau doit servir à boire ou à cuisiner, l'analyse se fait par un laboratoire agréé, aux frais du propriétaire, comme le rappelle service-public.gouv.fr. Elle accompagne alors la déclaration de fin de travaux.
Traitement, dans quel ordre
Pour l'arrosage, une eau ferrugineuse s'accepte souvent telle quelle, avec un goutte-à-goutte qui se nettoie et des tuyaux qui ne pulvérisent pas l'eau sur les murs. Une cuve d'aération laisse aussi le fer se déposer avant usage.
Pour la maison, on traite dans l'ordre. D'abord un filtre à sédiments contre le sable fin, puis un déferriseur adapté aux teneurs mesurées, enfin les filtres de finition. Le choix des appareils dépend du pH relevé à l'analyse.
Nous posons ces équipements dans le local technique, entre la pompe et le réseau intérieur, comme décrit sur notre page pompe et équipement de forage.
Quand l'eau d'un vieux puits change de couleur
Un puits qui donnait une eau claire et devient rouge signale souvent un tube corrodé, une crépine colmatée par les dépôts de fer, ou une pompe qui aspire trop bas. Le diagnostic commence par une inspection de l'ouvrage.
Le rôle de la crépine est détaillé dans notre article sur la crépine et le massif filtrant. Pour un puits ancien à reprendre, notre page remise en service de puits décrit les étapes.